Clément, on avait rarement vu un jeu aussi abouti côté toulousain à ce moment-là de la saison ?
On essaye en tout cas de produire du jeu, en se montrant efficace. Une semaine plus tôt à Montauban, on s'était créé pas mal d'occasions, mais nous avions manqué de réalisme et ça ne s'était ouvert qu'à la dernière seconde. Contre Brive, en concrétisant toutes nos actions dans le camp adverse en début de match, que ce soit par des drops ou des pénalités, on a pu rapidement prendre le large. Et cela nous a libérés, pour ensuite inscrire des essais. On a bien géré notre affaire.
Vous attendiez-vous à un écart aussi importan à l'arrivée ?
C'est difficile de prévoir ce genre de matchs. Il y avait un petit point d'interrogation sur la forme des internationaux, qui ne jouaient que leur deuxième match, en comptant la rencontre amicale à Biarritz. On voit que la préparation physique a été bonne, car malgré la chaleur, tout le monde a répondu présent. Les Brivistes nous avaient bien préparés en étant en tête du championnat avec cinq points, après un gros match réussi contre Montpellier, et en annonçant qu'ils venaient à Toulouse pour faire un résultat. Forcément, nous nous sommes méfiés, et on a préparé ce match avec le sérieux que l'on doit au leader du championnat.
Il y avait une volonté de mettre les choses au point de votre part ?
On s'est donné à fond du début à la fin. Il n'y a pas eu de round d'observation, et nous avons eu rapidement dix points d'avance. Après, c'est évidemment plus simple pour gérer une rencontre. Brive, je le répète, était leader du championnat, et a des ambitions après un gros recrutement à l'intersaison. Ils font partie des six prétendants aux places européennes et aux quatre places menant aux demi-finales. On les a reçus avec tout le respect que l'on doit à une équipe de haut de tableau.
Et voilà le Stade leader du championnat...
Ce n'est vraiment pas notre souci à l'heure actuelle. Nous voulons avant tout éviter de retomber dans nos travers de l'année dernière, avec du non jeu ou du jeu petit bras. On essaie de produire un rugby qui correspond au Stade Toulousain et qui correspond à nos qualités, tout en respectant nos fondamentaux. Et si on a pu s'exprimer comme cela derrière, c'est aussi grâce au travail des avants, qui ont été hyper efficaces en fixant la défense et la très grosse troisième ligne briviste. Cela nous a ouvert les intervalles. On sait que le rugby commence toujours comme ça, mais on en a eu une preuve flagrante.
Il semble qu'une épidémie de moustaches frappe actuellement les joueurs ?
Oui. On a lancé d'abord un petit défi, qui s'est ensuite propagé au reste de l'équipe. On essaie de faire honneur au Stade Toulousain des années 80, cher à Pierre Villepreux. Du jeu total, du jeu de mouvement, et comme à cette époque, ils avaient souvent la moustache...